Tout quitter pour partir en tour du monde : notre histoire

Voyager autour du monde, est-ce réservé seulement aux jeunes, aux retraités ou aux gens fortunés ?

C’est bien souvent l’idée que l’on se fait du voyage au long cours. Mais les temps ont changé. Notre parcours de vie n’est plus tracé avec des certitudes. La planification à long terme devient impossible. Nous nous questionnons alors sur le sens de notre vie.

Et s’il était possible de profiter de la vie avant l’âge de la retraite ? De tout plaquer et de partir à la découverte du monde ?

Si vous avez atterri sur notre blog, c’est que l’idée du voyage vous titille probablement.

La lecture d’un récit de voyage nous a inspiré à faire nos valises alors que nous étions au milieu de notre carrière professionnelle. Et nous voudrions vous inspirer à notre tour.

Voici notre histoire.

Voyager autour du monde à bord d'un voilier - l'histoire d'un couple qui a tout quitté pour changer de vie
Nous, c’est Dajana et Ivo, un couple qui a décidé de faire le tour du monde en voilier à durée indéterminée. Nous avons osé ce choix alors que nous ne nous connaissions pas vraiment et nous ne savions pas naviguer. D’aventures en mésaventures, nous n’avons jamais regretté cette décision.

Une rencontre de deux aventuriers récidivistes

Tout quitter et partir vivre une nouvelle vie était déjà inscrit dans nos gènes. Ivo a quitté le Portugal, son pays natal, à 19 ans juste après la chute du régime fasciste. Direction Genève, la Suisse, en espérant une vie meilleure. Dajana a quitté son pays d’origine, la Slovaquie, également à 19 ans, mais à une époque différente. Peu de temps après la chute du communisme dans son pays. Elle se retrouve également à Genève.

Débarquer avec une valise, avec un peu d’argent de poche et sans papiers dans un pays étranger, quel courage ! L’Union européenne et la libre circulation n’existaient pas encore à l’époque. Mais quand on est jeune, on est plein de rêves. On fonce.

En 2013/2014, nos destins professionnels et privés respectifs ne sont plus au beau fixe. Nous sommes tous les deux en quête du sens à notre vie. C’est la rencontre. Dajana approche sa quarantaine et Ivo est dans sa cinquantaine. Quatre mois après le début de notre vie de couple, Ivo propose de partir voyager autour du monde à bord d’un voilier. Il est temps de profiter de nos vies.

Quelle idée folle ! Nous ne nous connaissons pas bien et nous n’avons jamais mis un pied sur un bateau. Mais après tout, quand nous avons tout quitté pour venir en Suisse à l’âge de 19 ans, nous ne savions pas non plus dans quoi nous nous embarquions !

Un livre qui change notre vie

D’où a bien pu venir cette idée loufoque ? D’un livre acheté par hasard dans un café-librairie qui vendait des livres d’occasion. Il se trouvait là, au milieu d’autres livres dans le rayon voyage. Portant un titre intriguant, illustré de jolies images de la Polynésie française et surtout racontant une histoire vraie.

Eric Laruel

Escales buissonnières dans le Pacifique Sud

publié en 2012
aux éditions La Découvrance
326 pages

voir sur Amazon

C’est l’histoire de la famille Laruel, une famille belge avec trois enfants partie découvrir le monde à bord d’un catamaran. Et devinez quoi ? Ils ne savaient pas naviguer.

Ivo, captivé par la lecture de cette aventure des mers, veut connaître la suite. Que s’est-il passé ensuite ? Il la découvre sur le site www.laruel.be. Après près de 5 ans de voyage, la famille Laruel s’est installée au Costa Rica dans une « finca », a ouvert des chambres d’hôtes et s’est lancée dans la culture du cacao.

Et c’est à ce moment-là que nous nous mettons à rêver de notre propre aventure autour du monde.

Cependant, la question du financement d’un tel projet au long cours nous chiffonne. Ivo contacte alors Eric Laruel et sa réponse nous fait ouvrir grand nos yeux.

A moins que vous ne soyez vraiment dans la dech, l’argent ne devrait pas être un problème.

La vraie question est plutôt de savoir le prix auquel vous estimez vos rêves. A ce sujet, il y a 3 possibilités :

1. soit vous rêvez et ne faites rien, comme la plupart des gens et cela me paraît très honorable,
2. soit vous décidez de vous offrir une tranche de ce rêve, une pause dans la réalité disons,
3. soit vous entamez un nouveau chapitre et vos économies serviront de tremplin pour la transition avant que ne vous viennent de nouvelles idées.

Si vous êtes en train de vous posez la question du départ et si ce projet vous paraît réalisable d’une quelconque manière, vous DEVEZ partir.

(Email d’Eric Laruel)

Plus de doute, nous commencerons l’écriture d’un nouveau tome intitulé Le nomadisme.

La préparation du projet autour du monde

Comme tout projet, un voyage au long cours se prépare même si l’envie de se lancer au plus vite se ressent. En prenant en compte les contraintes administratives et familiales, la date butoir pour larguer les amarres est fixée au septembre 2018. Ça nous laissera trois ans et demi pour nous préparer à ce changement radical de vie :

  • apprendre à naviguer, passer le permis mer (permis hauturier), faire des cours moteur, électricité et médecine à bord,
  • lire les récits voyage et regarder les chaînes YouTube des navigateurs,
  • préparer le budget, réfléchir aux possibilités de revenus en voyage,
  • acheter le bateau, faire des réparations et l’équiper pour un tdm (tour du monde),
  • liquider les affaires inutiles dans nos appartements,
  • résilier les abonnements, le bail, faire les démarches administratives pour devenir nomades.

Encore heureusement que l’un de nous deux est un vrai organisateur et planificateur d’élite. Car les tâches sont nombreuses et tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait.

La tâche la plus délicate était sans doute l’annonce de cette grande nouvelle à nos familles. Comment allaient-ils le prendre ? Arrêter nos carrières, piocher dans nos économies, affaiblir notre plan de retraite et surtout nous mettre en danger sur les océans, tout cela fait peur. Certains nous trouvaient courageux, d’autres inconscients.

Le voilier, le voyage et la vie nomade à deux

L’achat du voilier neuf mois avant le départ a scellé notre destin. Un Bénéteau Océanis 440 de 1991 se trouvant à la Seyne-sur-Mer (près de Toulon, France). Plus de retour en arrière. C’était la preuve ultime que nous allions vraiment devenir des globetrotteurs des mers, des tourdumondistes marins.

Le compte à rebours commence alors. Et avec lui l’excitation mais aussi de nombreux allers-et-retours vers la Méditerranée pour déménager nos affaires et faire des travaux sur le bateau. Nous n’y connaissons strictement rien, alors nous apprenons sur le tas, comme beaucoup de gens.

En septembre 2018, notre voilier devient notre maison. Tout ce que nous possédons se trouve sur le bateau, à vrai dire, plus grand-chose. Voyager à bord d’un voilier est synonyme de vie simple et minimaliste.

Au cours du voyage, nous découvrons d’un côté ce dont tous les récits nous ont fait rêver : l’aventure, de beaux paysages, de nouvelles rencontres, des souvenirs inoubliables. Et de l’autre côté, ce dont les récits parlent moins : les réparations, la mauvaise météo en mer, les nuits blanches, la vie à deux dans un espace confiné.

Pour ne pas vous cacher la vérité, nous avions plusieurs fois envie de faire couler le bateau ou jeter l’autre par-dessus bord. Oui, le voyage en voilier n’est pas toujours rose.

Mais très honnêtement, malgré des moments difficiles, nous ne regrettons absolument pas d’avoir changé de carrière. Quelle chance d’être tombé dans la librairie par hasard sur ce livre qui nous a mené à notre tour du monde.

Et vous, quand commencerez-vous votre nouvelle vie ?

Comments

  1. Dominique Philippoz

    Salut Ivo, André m’a donné ton « blog » et je vais commencer à vous suivre. Bravo pour avoir osé tenter cette merveilleuse aventure. Qui l’eût cru ? Toi qui étais plutôt un sédentaire……avec une vie bien réglée à l’Etat. Je te tire mon chapeau car j’aurais aussi aimé tenter une aventure pareille. La vie en a décidé autrement. Bref, tout de bon à vous deux dans vos futures pérégrinations au gré des vents et dis-moi quand vous arriverez en Australie (Fremantle WA), peut-être que j’y serai. Bye for now. Cordialement

    1. sv.silkap

      Salut Dominique, merci pour ton suivi. Le plus difficile c’est de prendre la décision et d’y aller jusqu’au bout !
      Nous espérons inspirer des personnes à faire le pas comme nous l’avons été par d’autres qui l’ont fait avant nous.
      A bientôt

  2. Claudio Valter

    Je connais seulement Dajana mais je suis portugais comme Ivo. J’adore votre blog. Ça fait rêver sans doute. Mais c’est un rêve possible seulement pour les courageux. Je vous apprécie et j’adore le blog. Je vous souhaite tout de bon aux 2.

    1. sv.silkap

      Bonjour Claudio et merci pour le commentaire ! Les portugais sont de vrais explorateurs du monde depuis toujours ! Il y en a tellement dans le monde. Et ils sont très débrouillards.
      Oui, la vie nomade n’est pas pour tout le monde, on s’en rend compte au fil de l’aventure. Mais au moins, nous puvons embarquer avec nous tous ceux qui ne sauteront pas le pas.
      A tout bientôt pour de nouvelles histoire.
      D.

  3. Emmanuelle

    Quel message fort, inspirant !
    Je vais m’en nourrir pour moi aussi découvrir des destinations inexplorées …en moi (pour commencer ) !
    Mais partir sur un bateau, ça alors non. Ce sera autre chose, mais quoi ?…

    1. sv.silkap

      Cela nous fait très plaisir d’avoir des commentaires positifs et inspirants sur nos articles.
      Pour t’aider dans ta réflexion, nous te recommandons la lecture du livre « Destination Tour du Monde » écrit par 2 compatriotes valaisans que nous avons rencontré à 3 reprises dont 2 fois aux Canaries. Leur site et leur livre nous ont beaucoup aidé, notamment, dans les démarches administratives et assurances pour les globe-trotters.
      Leur site :
      http://www.novo-monde.com
      Ils ont écrit d’autres livres dont le tout dernier qui vient de paraître sur les randonnées en Suisse.
      Bonne réflexion…

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