Récit de notre traversée de l’Atlantique en voilier en couple

Traverser l’Atlantique en voilier est le sujet de discussion de tous les navigateurs qui veulent voyager à la voile jusqu’aux Caraïbes. Nous lisons tous des récits de voyage de la transat pour nous faire une idée sur ce qui nous attend.

Alors nous voulions partager sur ce blog notre récit d’aventure. Une histoire de transatlantique à la voile en couple et avec peu d’expérience de voile.

Vous pourrez certainement tirer quelques enseignements de cette histoire pour votre propre voyage en voilier.

Résumé de notre traversée de l’Atlantique : Cap Vert – Petites Antilles

  • Date : 8 au 22.12.2019
  • Durée : 14 jours et demi
  • Équipage : 2 personnes, Ivo & Dajana
  • Route : transatlantique d’est en ouest, Cap Vert (Mindelo) – Petites Antilles (Guadeloupe)
  • Vitesse moyenne : 6,02 noeuds (11,16 km/h)
  • Voilier : Bénéteau Oceanis 440 (44 pieds) de 1991

Vidéo YouTube de notre transat en voilier

Avant de lire ce récit de transat, regardez notre vidéo YouTube sur la traversée. Elle est courte, tel un petit carnet de voyage à travers l’Atlantique.

Que retenez-vous de cette vidéo ? Une transat plutôt tranquille à part un problème moteur, n’est-ce pas ? Mais ça n’a pas l’air trop stressant.

En réalité, la traversée n’a pas été de tout repos mais il n’est pas possible de tout filmer. Une bonne raison de lire plutôt les récits sur les blogs qui racontent mieux les histoires.

Faire la transatlantique – ça ressemble à quoi ?

En résumé et suite à notre expérience, voici ce que nous retenons de la traversée. C’est long, dans un roulis permanent qui fatigue le corps, et nous croisions les doigts qu’aucune panne grave n’arrive. Nous passions notre temps à compter les jours jusqu’à l’arrivée.

Le vent des alizées souffle en permanence. Les vagues montent parfois jusqu’à 4 mètres mais comme elles sont très espacées, la navigation est plutôt tranquille comparé à la mer agitée lors de la traversée Canaries – Cap Vert.

Autre article à lire: récit de notre première partie de la traversée de l’Atlantique des Canaries au Cap Vert

C’est la fatigue, l’ennuie, nous dormions peu. Nous restions aux aguets car un problème technique peut vite arriver. Et ça n’a pas loupé. Vous en saurez plus juste après.

récit transat en voilier

Une transat en équipage réduit (en couple)

Pourquoi avons-nous fait la transatlantique à deux sans équipage ? Parce que nous voyageons à notre grès, sans contraintes de temps. Nous n’avions ni envie de partir à une date précise ni de devoir prendre en charge d’autres personnes.

Si nous avons réussi à arriver jusqu’au Cap Vert avec peu d’expérience de voile, cette grande traversée ne devait pas être plus compliquée.

Prendre moins de risques

Naviguer en équipage réduit pendant une longue période demande une surveillance accrue. Quand on est à deux, il faut réduire au maximum tous les risques. Ne pas surtoiler le bateau, ne pas se blesser, se reposer au maximum. On prend beaucoup plus de précautions lors d’une traversée à deux.

carnet de voyage - transatlantique en voilier

Fatigue

La navigation en vent arrière, avec les vagues qui arrivent par l’arrière, provoque un roulis permanent. Le bateau s’incline un coup à gauche, un coup à droite. C’est très fatiguant pour le corps. Surtout pour Dajana qui ne supporte pas le roulis. Après quelques jours, elle a commencé à avoir mal à la tête à cause de la fatigue et du roulis.

Quarts de nuit, et de jour également

Le bateau avance de jour comme de nuit. Pas question de relâcher notre vigilance sous prétexte que l’océan atlantique est vaste et qu’il n’y a pas de bateaux aux alentours. Les quarts (la surveillance à tour de rôle) étaient faits selon nos préférences et notre état de fatigue.

Mais la surveillance est permanente. Pendant la nuit, nous faisons des quarts d’une à deux heures, c’est le meilleur rythme pour nous. Car de toute manière, aucun de nous deux n’arrive à dormir plusieurs heures d’affilée.

Le jour, c’est un peu plus relâché mais il faut quand même une personne qui est désignée pour surveiller le cap, le vent, les bateaux à l’AIS (Automatic Identification System) et regarder aux alentours.

C’est très fatiguant de dormir par petits à-coups, on fait comme le corps nous le permet. Et vous savez quoi ? A la moitié du trajet, alors que nous étions épuisés suite à une panne technique, nous avons relâché un peu la surveillance.

Et c’est là que nous avons failli rentrer dans un autre voilier. Un voilier croisait notre chemin et il n’était pas loin de nous. Comment se fait-il que nous ne l’avons pas vu sur l’AIS ?

C’est simple. Nous étions obligés de faire des économies d’énergie à bord suite à une panne (on vous en parle plus tard). Tous les instruments étaient éteints, y compris l’AIS. Nous ne nous doutions pas une seconde de croiser un voilier sur la route.

Occupations à bord

Que peut-on bien faire au milieu de nulle part dans un petit espace pendant deux semaines, jour et nuit ? Pour dire la vérité, pas grand-chose. Comme toujours, dès que le bateau se met en mode roulis, la somnolence gagne vite nos corps. Et avec peu de sommeil, l’énergie n’est pas vraiment au rendez-vous.

Franchement, nous n’avons rien fait d’excitant. Pas de jeu de société, ce n’est pas notre genre. Pas de film, on n’y a même pas pensé. Ivo a quand même réussi à lire quelques livres.

Iridium go – blog et internet

Chaque jour, nous postions un message sur notre blog de la page de tracking de PredictWind. Pour rassurer nos familles et nos proches, ils pouvaient suivre notre parcours et lire notre journal de bord. Chaque jour était sur une thématique précise.

Nous avons aussi réussi à poster chaque jour une photo sur Facebook avec Iridium GO. Et en plus, Dajana a réussi à accéder à Facebook pour aller lire les commentaires des gens et y répondre.

La vitesse de connexion avec Iridium GO et les satellites est hyper lente. La connexion coupait souvent et écrire le blog et poster sur Facebook prenait au moins 2 heures par jour.

Ça parait futile de le faire. Mais vous savez quoi ? Ça occupe l’esprit et ça fait gagner deux heures sur une journée.

Vous pouvez lire nos publications Facebook de la transat ici.

Et voici le guide pour publier avec Iridium GO sur Facebook.

Cuisine et la pêche

La cuisine n’est pas très sophistiquée à bord. Quand un bateau roule en permanence, personne n’a envie de cuisiner. Ça peut être même dangereux si l’eau bouillante ou l’huile de la casserole se renversent. Heureusement, la cuisinière s’incline toute seule en fonction de la gravité. Mais le cuisinier a intérêt à bien se tenir pour ne pas perdre l’équilibre.

L’occupation la plus passionnante était sans doute la pêche.  Ivo, va-t-il attraper quelque chose ? Qu’est-ce que ça sera ? Notre pêche était réussie, vous l’avez bien vu dans la vidéo.

récit traverser l'Atlantique en couple

Y a du poisson dans l’Atlantique. On peut pêcher à condition de ne pas avoir de sargasses sur le chemin. Ce sont des algues qui flottent en surface et dérivent en direction des Caraïbes. S’il y a des sargasses en traversée, la pêche est impossible.

Avec la quantité du poisson pêché, il fallait trouver des recettes pour varier nos repas. Franchement, nous ne sommes pas très calés à sujet. Mais Dajana a réussi à aller sur internet avec Iridium GO et trouver quelques recettes.

L’avant dernier jour de traversée, nous avons attrapé trois poissons. En arrivant aux Antilles, nous voulions les offrir aux navigateurs au mouillage. Ça fait toujours plaisir d’avoir du poisson frais. Car aux Antilles, pas facile de pêcher à cause de la ciguatera. C’est une toxine dangereuse pour l’homme contenu dans certaines espèces de poisson.

Carte marine et décompte du parcours

C’est quand qu’on arrive ? D’habitude, ce sont les enfants qui posent cette question en permanence. Nous faisions pareil. C’est quelle heure ? Il nous reste encore combien de milles nautiques ? Quelle est notre vitesse moyenne ? Quelle vitesse faut-il maintenir pour arriver de jour aux Antilles ? Quel est notre fuseau horaire actuel ?

Dajana qui a besoin d’occuper son esprit se jetais chaque jour sur la carte marine en papier pour dessiner le parcours du jour. Toutes les statistiques sont faites. Nous savions exactement quelle vitesse il fallait maintenir pour arriver de jour au mouillage aux Antilles.

Sauf que toutes nos prévisions se sont écroulées deux jours avant l’arrivée. Le vent a faibli, notre vitesse a diminué et nous n’avions pas d’autre choix que d’arriver de nuit en Guadeloupe.

A-t-on le jet lag pendant une transat ? Nous avons traversé 4 fuseaux horaire en deux semaines. Chaque jour, nous avions un décalage horaire de 12 minutes. Pas le temps pour un jet lag. De toute manière, nos corps étaient épuisés par le roulis.

La peur

Casse, panne et blessures

Ce sont nos plus grandes peurs sur un bateau. Lors de notre tout premier stage en mer, c’était 2 ans avant notre départ en tour du monde, nous avons vécu un démâtage avec un skipper expérimenté et un sauvetage en mer.

Ça a laissé des traces dans nos esprits. Nous savons que tout peut arriver. Personne n’est à l’abri d’un problème. C’est comme ça en bateau.

Les bruits

Se reposer dans un bateau qui fait plein de petits bruits en permanence, c’est difficile. Des boiseries qui craquent, l’eau dans le réservoir d’eau qui claque contre les parois, les rafales qui sifflent, les câbles qui claquent dans le mât, l’hélice qui fait du bruit en tournant…

Sans cesse un petit bruit qui nous réveille. Et dès que c’est un bruit inconnu, on se demande ce que c’est, on va investiguer pour se rassurer que rien n’a cassé.

La nuit

Les nuits hivernales en Atlantique sont un peu plus longues que les journées. Tout est noir mais on aperçoit un ciel rempli d’étoiles. C’est magique. Nous avions la chance d’avoir la lune avec nous pendant plusieurs nuits. La lumière se reflète sur l’océan et avoir un peu de visibilité dans la nuit tranquillise un peu l’esprit.

Ivo a remarqué une lumière très forte dans le ciel dont la forme était très inhabituelle. Ce n’était pas une étoile. Peut-être un satellite ou un vaisseau spatial ?

Dajana a déjà commencé à imaginer dans son esprit des extra-terrestres. Et s’ils venaient nous prendre sur le bateau ? On aurait disparu sans laisser de trace et personne n’aurait su ce qui nous est arrivé !

C’est fou comment notre cerveau peut parfois penser à des choses complétement étranges. Mais vous savez, c’est la nuit, vous êtes fatigué, au milieu de nulle part, sans aide. Le triangle des Bermudes est bien connu pour des faits étranges, alors pourquoi pas en Atlantique !

La météo en transatlantique

Les vents des Alizées

Le vent sur l’Atlantique, ce n’est pas ce qui nous a manqué en décembre. Les vents des Alizées, c’est ainsi qu’on les appelle, étaient à plein régime pendant notre transat. Quasiment en permanence entre 25 et 32 nœuds.

Pour ainsi dire, la carte des prévisions météo était rouge partout. Nous sommes partis de Mindelo (Cap Vert) en le sachant, car attendre une accalmie était juste illusoire.

Mais finalement, avec le vent arrière, le vent apparent est moins fort. Et avec la configuration de nos voiles, nous avions besoin de suffisamment de vent pour pouvoir avancer.

Un génois sur enrouleur et sur tangon avec une grand-voile sur enrouleur. Tout cela en configuration ciseaux (ou papillon), c’est-à-dire une voile d’un côté et l’autre voile de l’autre côté.

blog traversée de l'Atlantique en voilier

C’était le roulis en permanence mais bon, nous avons avancé vite avec de jolis surfs sur les vagues.

Les grains

récit transatlantique en voilier

Avant notre départ en transat, on nous a prévenu. Attention aux grains dès la moitié de la traversée ! Des grains ? Mais c’est quoi ? Des nuages assez gris qui amènent de la pluie et de soudaines rafales. Nous avions beaucoup de mal à nous imaginer ce phénomène météo qui est typique des tropiques.

Alors dès la moitié de la transat, nous avons guetté chaque petit nuage qui passait au-dessus de nous. Pile-poile à la moitié de la transatlantique, un petit nuage est arrivé par derrière. Un peu gris, avec un peu de pluie et du vent.

Aaah, alors c’est ça un grain ? Bon, c’était un mini grain. Rien d’alarmant. Et après, plus aucun grain pendant notre trajet. Comme par miracle, en décembre 2019, pas de grains sur l’Atlantique. Ça doit être vraiment un fait très rare.

Problèmes techniques et pannes à bord

Que serait une traversée en bateau sans problèmes techniques ? Franchement, les histoires de transat avec pannes sont passionnantes.

Car c’est la première question que vous devriez poser à un navigateur : qu’est-ce qui est tombé en panne et comment il l’a réparée. Ça permet d’apprendre.

Nous en avons entendu des histoires de transat : voile déchirée, autopilote en panne, perte de safran, démâtage, drisse cassée, fuite du réservoir d’eau, entrée d’eau par un passe-coque, moteur en panne, le vide-mulet cassé suite à un empannage intempestif, fuite de gaz, manque de diesel …

Tout peut tomber en panne pendant une transat. La route est longue. Ce sont plus de 2000 milles nautiques (3700 km) de navigation en permanence. Il y a forcément quelque chose qui va lâcher ou s’user.

Nous n’étions pas épargnés non plus. Mais dans l’ensemble, nous avions une bonne étoile qui veillait sur nous en transat. Nos problèmes n’étaient pas si graves.

Panne moteur

récit - blog traversée de l'Océan Atlantique

Une panne moteur en transat alors que nous avions en permanence beaucoup de vent ? Comment est-ce possible ? Une chose avec laquelle nous n’avons pas compté, c’était le ciel couvert en plein Atlantique. Nous pensions avoir du soleil tout le long, comme c’est le cas sur les vidéos YouTube.

Sauf que la première semaine, peu de soleil à l’horizon. En fin de journée, nos batteries n’étaient pas suffisamment chargées avec nos panneaux solaires. Ils sont la seule source d’énergie que nous avons à bord. Alors en fin de journée, il fallait mettre le moteur en route pendant une heure pour recharger les batteries.

Au milieu de la traversée, alors que nous étions en train de recharger les batteries avant le coucher du soleil, le moteur s’est soudainement arrêté. C’était la panique. Les batteries n’étaient pas chargées complétement. Et la nuit arrivait.

Les instruments de navigation, le frigo, l’autopilote et les feux de navigation consomment beaucoup d’énergie pendant la nuit. Et si nous n’avons pas suffisamment de soleil le lendemain, nous risquions d’avoir des problèmes d’électricité.

L’urgence était de ne pas trop descendre les batteries pendant la nuit. Alors nous avons éteint tous les appareils électriques superflus et réglé le thermostat du frigo au minimum. Toute la nuit, nous nous sommes relayés à la barre pour ne pas utiliser l’autopilote. Car il consommait beaucoup d’électricité.

Nous avons prodigué les premiers soins au moteur : changement de filtres, remplacement de la pompe d’alimentation, nettoyé le décanteur (préfiltre). Rien n’a fonctionné.

Grâce au téléphone satellite Iridium GO, nous avons contacté un ami, Vincent. Il a commencé à chercher sur internet, sur les forums et auprès des mécanos des solutions à notre problème. Rien ne fonctionnait.

Nous avions encore 6 jours de transat devant nous. Mais à l’arrivée aux Antilles, comment allions-nous faire sans moteur pour aller au mouillage ? Alors Vincent a déjà appelé le port de Guadeloupe et quelqu’un qui pourra nous tracter jusqu’au port en arrivant.

Deuxième jour sans moteur et deuxième nuit à barrer manuellement. Chaque nuit, nous faisions 12 heures à la barre. Comme nous sommes deux, c’était 6 heures chacun. C’était supportable mais nous étions fatigués.

Il nous restait une dernière carte à jouer pour nous sortir de notre problème moteur. Nous avons fait un cours moteur diesel pour voilier avant de partir en transat. Le formateur pourra-t-il nous aider ?

Notre ami Vincent a contacté le formateur du cours en expliquant que nous sommes au milieu de l’Atlantique avec une panne moteur et que nous avions fait son cours moteur.

Peu après, Vincent nous envoie les instructions du prof. Si ça ne marche pas, alors notre moteur avait un problème plus grave et il fallait voir un mécano à l’arrivée aux Antilles.

Et là, la chance nous sourie. Le moteur a redémarré. En fait, une bulle d’air est rentrée dans le circuit. Il fallait purger les injecteurs du moteur un par un pour faire sortir l’air. Un problème qui arrive assez fréquemment, paraît-il.

Tout rentre en place après deux jours sans moteur et la transat reprend. Un dépannage réussi au milieu de l’Atlantique et un équipage qui peut à nouveau se reposer.

L’autopilote

Que ferait-on sans autopilote en transat ? C’est le membre de l’équipage qui travaille le plus. La plus grande poisse, c’est s’il tombe en panne pendant la grande traversée.

Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense. Le nôtre est tombé en panne juste après la transatlantique. Nous étions très chanceux.

Mais nous voulions vous raconter une autre histoire d’autopilote pendant la transat. Imaginez-vous ce qui peut se passer quand on appuie sur un bouton de l’autopilote sans le vouloir ou qu’on appuie sur le mauvais bouton sans s’en rendre compte.

C’est la nuit, vous n’avez aucun repère visuel. Tout un coup, vous sentez le vent qui souffle d’en face au lieu de derrière. La voile claque. Mais que s’est-il passé ?

Sans le vouloir, nous avons appuyé sur le bouton « Stand by » de l’autopilote. Le bateau a commencé à tourner vers le vent, une des voiles s’est déventé. Par chance, elle ne s’est pas déchirée. Et heureusement, nous avons sécurisé la bôme de la grand-voile qui autrement aurait fait un empannage intempestif.

Comme quoi, on n’est jamais à l’abri d’une bêtise qui peut mener à une casse du matériel à bord.

Stress à l’arrivée aux Antilles

Arrivée de nuit

Récit transatlantique en voilier en couple

Le vent a baissé les deux derniers jours avant l’arrivée aux Antilles. Ceci n’arrangeait en rien notre supposée arrivée en Guadeloupe de jour. Quand on ne connaît pas le mouillage, on arrive toujours de jour, c’est la devise.

L’autre solution, c’est de ralentir le bateau pour arriver le matin. Sauf qu’après deux semaines en mer sans beaucoup dormir, plus personne n’avait envie de passer une nuit de plus à naviguer. En plus au ralenti dans les vagues et le roulis.

Alors quelques heures avant la tombée de la nuit, nous mettons le moteur en route pour aller plus vite. Même si nous pouvons gagner une heure, ça sera déjà ça.

Le guide nautique des Antilles avec les photos des mouillages nous a permis de visualiser un mouillage facile d’accès la nuit. Ça sera devant l’îlet de Gosier. Vincent, l’ami qui nous a sorti du pétrin du problème moteur, nous confirme par email via le téléphone satellite que le Gosier est un bon choix.

Effectivement, nous arrivons au Gosier à minuit dans la nuit noir. Le mouillage est grand et les très nombreuses lumières sur la côte nous permettent de mouiller facilement. On jette l’ancre, on annonce par téléphone satellite notre arrivée à tous nos proches et on tombe raide-morts dans nos lits.

Les bouées – le cauchemar des Antilles françaises

Notre arrivée de nuit vous semble facile, n’est-ce pas ? Nous ne vous avons pas tout dit. L’arrivée était bien plus rocambolesque. Déjà au large de la Guadeloupe, le cauchemar a commencé.

Les côtes des îles françaises sont truffées de bouées de pêcheurs. En bateau, on risque de se prendre la corde de la bouée dans l’hélice si on ne surveille pas les bouées. Elles ne sont pas toujours visibles. Ce ne sont pas de vraies bouées mais plutôt des bouteilles en plastiques, souvent transparentes.

Encore au large des côtes, nous sommes rentrés dans une bouée. Par chance, nous avons pu nous en sortir. Mais à partir de ce moment-là, Ivo a dû faire le guet (surveillant) à l’avant du bateau. La nuit est tombée, il nous restait encore trois heures le long de la côte sud de la Guadeloupe jusqu’au mouillage au Gosier.

Il faut continuer à la voile, sans pouvoir voir les bouées. Et espérer qu’aucune corde ne se coince dans l’hélice. Ces trois dernières heures de transat nous ont complétement épuisé. Par chance, aucune collision de bouée.

La leçon est retenue, plus de navigation de nuit aux Antilles françaises.

Nos impressions de la transat

Que vous répondre à la question : C’est comment la transat ? La mer est plus douce, les vagues espacées. Le temps est long, très long. Le corps est épuisé. Les pannes techniques sont monnaie courante. C’est avant tout pour les problèmes techniques et la casse qu’on s’inquiète.

Si un problème arrive, ça peut vite devenir un cauchemar à bord. On est loin de tout, loin de tout aide, livrés à nous-mêmes. Et livré à la mer. Il faut être vigilant en permanence. Savoir se débrouiller.

Une transatlantique, c’est avant tout un exploit. Une aventure humaine avec votre équipier/équipière. Pour les bons comme pour les mauvais moments.

C’est une expérience incomparable que peu de personnes ont la chance de vivre. Quand c’est fini, tout le monde est soulagé de voir enfin la terre.

Et là, on se dit : Plus jamais ! En tout cas pas de sitôt ! On a vécu suffisamment de sensations fortes.

Mais dans notre cas, il va bien falloir faire d’autres longues traversées pour continuer notre tour du monde.

Au moins, nous savons maintenant à quelle sauce nous serons mangés.

Et vous, comment vous imaginez-vous une transat ?

4 réflexions sur “Récit de notre traversée de l’Atlantique en voilier en couple”

  1. DOMINIQUE PHILIPPOZ

    Bonjour à vous deux,
    J’ai eu beaucoup de plaisir à relire les évènements et vos exploits de la transatlantique
    En tout cas Merci et Bravo avec un grand B pour les souvenirs que vous partagez avec nous.
    Je vous souhaite encore de grands et beaux moments à vivre sur votre voilier
    Amitiés
    Dominique 🇩🇲

    1. Salut Dominique,
      C’est toujours un plaisir de lire tes messages.
      La transpacifique sera une autre paire de manches, mais pas tout de suite. On a encore beaucoup de découvertes à faire dans la région.
      Amitiés
      Ivo & Dajana

    1. Merci Vincent pour tout ton aide durant la transat. C’était très réconfortant d’avoir tes e-mails réguliers, tes petits conseils et le dépannage à distance. C’était très rassurant.

      Quand on pense que chaque navigation peut tourner au cauchemar, notre transat était un long fleuve tranquille malgré quelques problèmes.

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